vendredi 9 mai 2008

Il nous poussera des ailes (avec Lily H.)


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J'ai trop vidé l'offense
Qu'on a fait à l'été
Prié que l'innocence
Pourrait nous en tirer
Tendu la main au ciel
Pour nos idées de rien
Cousues de bouts de ficelle
"L'avenir nous appartient"
Quand on croyait en elles

.

J'ai brûlé à l'essence
Quand tu avais des ailes
Un cœur sans absence
J'ai avalé du ciel
Quand tu noyais mes sens
de rêves étincelles
Aux limites où je tiens
A mon toi essentiel

.

J’ai visité l’errance
Aux portes éternelles
violé notre insouciance
A l'aorte vermeille
sur la promesse rance
de nos soirs souverains
Oublieux incertains
Une idée de ce mieux
Dans le creux de l'absence




.....
Lily H. & Tilou

( février 2008 )

jeudi 8 mai 2008

Viendras-tu ?

J'ai filé à l'hiver quand mon coeur était gris
Les langueurs de mes nuits affublées des misères,
Au revers de leurs plis tricotés d'ordinaire,
Et rimées à l'envers pour les heures sans vie ;

Arrimé au non-sens mon esprit n'était guère
Remisé à l'enfer d'un bonheur sans absence ;
Fichu de son impair fut le mot sans nuance
Pour nier l'évident nu de maux de prières ;

Où veux-tu que l'amer retrouve sa vertu,
Si la route est ténue et le chant de ma guerre
Si bien foutu de vers ne s'est pas encor tu ;

J'ai cloué à mes flancs la beauté des rivages
La laideur de mon âge où se cache le ver ;
Viendras-tu à mon sang arracher ces grillages ?

dimanche 4 mai 2008

Les err(h)eur(e)s


Quand on fermait sur la dune de sable,
Que le désert pressait d'abreuver l'oasis,
Nos corps étaient calleux empreints de tous les vices
Dressés sur le palais du sexe inébranlable ;

Il y avait ces riens pour remplir l'interstice,
La ligne d'un dessin fichue au creux des reins,
La rime d'un vélin pour y tremper les mains
Sur le blé incertain de coton où l'on glisse ;

Mais la rose au matin a oublié l'artiste
Au jardin des raisons qui en font tout le vain,
Un pinceau dans la main, un autre hors la piste ;

C'était et c'était bien quand elle était ce lys ;
Ce n'est plus qu'un trait fin à ces yeux qui se plissent,
La grève dans le coeur, la plage aux intestins.

mercredi 30 avril 2008

Sous tes pavés, pas de plage...

Sur le pavé des plages
A l'aube où les catins
Reprennent la monnaie
Où se répète en nage
L'émission des crétins
Qui crèvent de leur plaie

Tu rêvais de l'image
De ces contes de fées
Fichu de son bourrin
Le prince cavalier
Qui t'offrait le mirage
En champignon dédain

On se faisait l'amour
Avec les yeux éteints
Tes eaux faisaient l'écume
En ces jours incertains
Et tu suçais la nue
Qui s'échappait du sein
Et que l'on voulait nu
Même au ciel qui l'enrhume

A la dalle misère
Que plantent les intrus
En jouissance de guerre
On dit que l'on n'est plus
On dit qu'on n'a pas su
Ni dire ni le faire

Sur le bitume glace
Qu'on se reproche à l'or
D'une nature qui ment
Qui nous prend plus de place
Aux bambins qui sont morts
On perd tous nos élans

On se faisait l'amour
Comme fait l'automate
Un billet pour l'Adour
Un autre à ces stigmates
Le monde reste sourd
Aux rêves cul-de-jatte
Qu'on croyait de velours

Tes mains sont les regrets
De ce qu'on n'a pas fait
Le vent dans les gréements
De ces vaisseaux à quai
L'augure d'un instant
Plantée dans cette plaie
Qu'efface le semblant ;

On pourra le refaire
Se dire que ça nous plaît
S'inventer la misère
Puisque rien n'est parfait
Se regarder et taire
Les rythmes imparfaits
De ce piano grippé
Que l'on voudrait de fer
Même désaccordé ;

Tes mains sont à l'hiver
Mon corps n'a plus d'été
Pour souffler ta prière
Orner les mots passés,
Le mât en bandoulière,
Colomb aux Amériques
Des rêves éculés,
La chiffe dans ton lierre.


dimanche 27 avril 2008

Ingénue ange nue

Comme l'espoir s'écrit au hasard de ces rues
Que les yeux ont blêmi sur le pont du chagrin
Que nos mains sont nouées sur une tour d'airain
C'est l'alcool de nos mots qui enfante l'abus

C'est peut-être folie d'oublier les années
De penser que la vie aux trottoirs des étreintes
Refleurit au satin des lumières éteintes
Qui dessine à tes reins un bleu ciel étoilé

Qu'importe qu'un instant le rouge de l'estampe
Vernisse l'ongle roi de ces temps où le vin
Ombrera la catin en sommeil sous la rampe

L'iris un peu soleil versera cette larme
Sur l'aube encor rosée des moiteurs du matin
Fichu de cet éclat ange et nu qui désarme.

samedi 19 avril 2008

The Rules of Attraction

dimanche 13 avril 2008

Colchiques dans tes prés

Les colchiques au sang de nos veines mêlées
Refleurissent aux prés autour de l'arbre unique
Qui souffle encor du vent d'un soleil en panique
Et rêve de ciment au creux de ces vallées ;

Les parfums safranés de la fissure ourlée
Laissent au cœur fané le temps d'être, d'aimer,
Et le flot incessant de la lame incendiée
Dessine le contour d'une côte oubliée ;

Qu'importe les feuilles mortes qui joncheront
Le parterre asséché, les eaux probes se glissent
Nous laisseront mouillés de folles déraisons ;

"Colchiques dans tes prés : c'est la fin de l'été"
Le début d'un jardin qui fleurira de vices
D'un hiver pas lisse à nos rimes arrimées.

lundi 7 avril 2008

Déni d’été (avec *Lynatique*)

Au brouillard qui se verse à nos yeux
De n'avoir pas su, de l'avoir fait
A ressasser comment
Quand le soleil nous brille
On peut arriver là

Je te regarde glisser
Sur la flanelle des draps
Tes yeux dans les pensées
D'un drame qui se joue là
Dans le creux de ton ventre
Dans l'envie de mes bras

Tu sais que c'est demain
Que notre fin jouera
Son triste requiem
Il n'y a aucune couronne
Aucun diadème
Et rien ne nous pardonne
D'avoir voulu le rêve
Dans cet été fichu de l'hiver de nos raisons


Mais si on avait su le manque
De ne l'avoir connu
Ce prélude en mon sein qui s'est brisé
Tu crois qu'on l'aurait fait ?

Est-ce qu'à ton visage qui blêmissait
J'aurai répondu que tout finirait ?

J'me souviens, tu sais...

De l'été
(Etait-ce l'hiver?)
Blottie dans le lit blanc
A tenter de le sentir
D'me dire que c'était là
Et qu'j'allais m'en séparer, le r'cracher

Mais y'avait qu'tes bras
Et tes mots autour de moi
J'le r'ssentais pas, tu vois
J'le vivais pas !

Mais j'sais maint'nant
Je sais exactement où il était
Parce qu'il n'y est plus et qu'il me manque
Ca hurle, là...
En moi...
Où ta main s'est posée...
Il y a le vide,
Le rien qu'il a laissé...


J'aurai peut-être bien voulu, moi, voir la couleur de votre ciel... Sentir battre mon cœur à tout rompre dans ma poitrine...

J'aurai voulu savoir... Ce que c'était de ressentir... Ce que c'était la vie...
Vivre... Vivre...

Respirer... Avoir le souffle coupé d'amour...
Rire... Avoir des larmes au bord des yeux...

Dites-moi, c'est vrai que parfois, on a des papillons dans le ventre ? Et que ça crie, là, à l'intérieur ?

Que l'espoir c'est éphémère... Comme je l'ai été ...?


Ce n'est pas l'éphémère qui gouverne ce monde...
Juste le regard de ceux qui se disent des grands...
Ceux qui disent le vrai... Ceux qui font bien tout le temps...

Peut-être qu'on aurait pu faire comme si...
Peut-être qu'on aurait pu et dire que ce n'était pas l'été...
Peut-être qu'on aurait pu et il n'aurait pas été...

Pourtant on l'a fait... On se l'est même ressassé...
On savait ce qu'on voulait ignorer

Qu'importe la morale, la norme des bien élevés
On voulait autre chose... Une vie que l'on vit comme une glace renversée...
Oui, on voulait tout... tout de suite, et pas dans des années

On voulait... Peut-être qu'on s'est trompé...

C'était cent ans après ou peut-être avant...
On avait le coeur au bout des doigts
Et surtout toi...

A me dessiner des fleurs sur la peau
C'est lui qui a poussé
Comme les racines qui débordent
Et qu'on voudrait couper...

Un rosier mal fleuri... peut-être mal planté...
Mais il était en vie... avant qu'ils nous l'aient incendié...

Arraché à ras de mon ventre
Comme une mauvaise herbe d'été

C'est qui "ils" ?

C'est eux...
Pas nous
Enfin... c'est toujours un peu ce que l'on est tenté de faire
De dire

Se dire que
Que c'est les autres qui nous y ont poussés
Ça fait moins mal
Que de se confronter à notre humanité

C'était nous, tu vois, c'était notre sang et notre amour...
C'était la sueur de nos corps l'un contre l'autre
Et l'aube de ma jouissance


Evanoui comme un vague cauchemar, je vous souviens de tout...

J'étais plus qu'une fleur et moins qu'un fruit... J'aurais voulu tomber sur votre chemin... Que vous me ramassiez...

Vous m'avez juste écrasé... Une vulgaire fleur sauvage sous vos pieds...



*Lynatique* & Tilou8897
( Mars-Avril 2008 )

dimanche 6 avril 2008

Même si ça fait mille ans…

A tous ces cris d'orfraie qui hantent le palais
Des rivages d'antan, de ces temps éminents,
Les marins qui, à quai, s'égaraient en buvant,
Répondent refoulant leurs catins aux arrêts ;

Maudits soient tous ces vents qu'on a cent fois pliés
Sous des rêves parfaits aux alcools enivrants,
Cette lèvre dit vain en des marais salants,
L'ivresse au bord du laid, à son cul accrochée ;

Les vaisseaux de mil ans à la proue libérée
Se saoulent dans le port où a crevé la vague
Ce souvenir d'avant qu'ils ont laissés noyés ;

Prends garde, goéland, aux ailes argentées,
Envole-toi bien loin, des vœux et de leur bague,
Car même les plus grands ne savent l'enlever.


Au bal des nouveaux-nés

Privez-moi de mes sens
Si je ne puis prêter
Sur l'autel de l'offense
Que je vous ai donnée
Ce serment d'allégeance
Qu'un autre a incendié
Au mur nu de l'absence

A fouler les chemins
De l'orgie de nos cœurs
J'ai crevé l'or mineur
D'une envie sans dessein
Ecroulée du déni
De ce rêve au matin
Entravée de ces nuits
Dont on craint la primeur

Et la fille empalée
Sur le vit indécent
Aux transes de papier
Que l'on tord en souffrance
Pour la plaie du passé
Souffrira en silence
Par ce pacte liée
A l'odeur de l'enfance

La déviance arrimée
Dans ce qu'étaient nos heures
A filé laminée
Par le feu des rancœurs
Qu'on voudrait oublier
Mais qui dansent sans peur
Au bal des nouveaux-nés

jeudi 3 avril 2008

La place du père


Combien de temps
lui faudra-t-il ?
Pour faire le deuil
de cet enfant
In utero
et sans les mots
De la maman

Combien de fois
Refera-t-il ?
Les mêmes erreurs
de "sang amour"
Pour se prouver
Qu'il a été
Sans être sourd

Combien de lignes
De mots crachés
Sur cet autel
Abandonné
Comme une stèle
Gravée d'indigne
Peinte au mensonge
des vérités

Rêve infichu
De mue ratée